20 ans après « Je vais bien ne t’en fais pas », Olivier Adam nous plonge à nouveau La tête sous l’eau…

20 ans après « Je vais bien ne t’en fais pas », Olivier Adam nous plonge à nouveau La tête sous l’eau…

21/10/2018 0 Par Cindy Heiniger

Un drame familial, une enquête lente, un espoir qui surgit et des émotions qui partent dans tous les sens, ce sont les ingrédients du nouveau roman d’Olivier Adam.

Je ne connaissais pas Olivier Adam et je suis plutôt du genre à lire ce que je connais. Mais ce livre m’a attirée, d’abord par sa couverture, puis par son résumé : 
Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte.
Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier : « On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. »
Il se trompait. Ma sœur serait bientôt de retour mais nous n’en avions pas terminé.
Je l’ai donc embarqué !

Ce qui m’a troublée dès le début du livre, c’est que les personnages ne sont pas du tout décrits. Il m’a par exemple fallu quelques pages pour me rendre compte que le narrateur est en fait, un garçon.Il nous parle de ses parents, de sa sœur Léa et de sa voisine Chloé, mais personne n’est décrit physiquement. Au fil du texte, je me suis donc fait une image par rapport aux descriptions plutôt psychologiques des personnages.

Ensuite, tout ce qui se passe est très lent. Mais ça colle très bien avec l’histoire. Cette famille a déménagé de Paris pour trouver le calme de la Bretagne, au bord de l’océan. Hors saison, il ne se passe pas grand-chose.Cette lenteur reflète notamment ce contraste entre Paris et Saint-Lunaire, le village où ils se sont établis ; mais également la lenteur de la vie quand une personne de la famille disparaît. Ils sont dans l’attente de savoir ce qu’il s’est passé, dans l’attente d’avoir des nouvelles, de la retrouver, morte ou vivante, mais surtout dans l’attente de réponses. Et c’est très long !
Quand elle réapparaît, plusieurs mois après sa disparition, encore une fois, c’est lent. Elle doit se réadapter à sa vie, elle ne veut pas dévoiler ce qui lui est arrivé, tout le monde doit retrouver un équilibre autour de Léa qui est extrêmement faible psychologiquement. Tout cela prend du temps, et l’auteur nous le fait ressentir.C’est une histoire moderne, où les références à notre quotidien sont nombreuses : Netflix, la PlayStation, les séries télé, le Darknet, la radicalisation, etc… Et on suit la vie d’un adolescent, qui vit ses premières amours, qui écoute de la musique, lit des mangas et surfe sur le net.
Il n’y a pas non plus de détours, on prend les informations toutes crues en pleine tête.
Malgré tous ces bons aspects, il me manquait quelque chose. Je n’arrivais pas à dire quoi, mais je restais un peu sur ma faim. Un vocabulaire simple, voire grossier par moment, « Putain. Je suis mort de honte. Sous mon jean, ma queue est tendue à craquer, douloureuse. », des tournures de phrases pas si littéraire… Mais j’ai déjà lu des livres dans ce style, et ça ne m’avait pas spécialement gênée…Puis, en faisant quelques recherches, j’ai appris que ce bouquin s’adresse en fait à un public « jeune adulte ». Ce qui n’est plus tout à fait mon cas… Et je pense que c’est juste ça.
La réalité de l’adolescent aujourd’hui, qui ne correspond pas à la réalité d’ado que j’ai eu au début des années 2000.
La tête sous l’eau – Olivier Adam – paru aux Editions Robert Laffont, Collection R (collection de romans jeunes adultes)